• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Mes retrouvailles avec une ancienne camarade

Mes retrouvailles avec une ancienne camarade - Faye Anderson

J’étais allé rendre visite à une ancienne camarade de classe, qui avait décidé de se trouver un emploi infirmiere. Elle avait passé tous ses examens avec succès à Vancouver, mais avait été obligé de changer de région pour suivre son copain. Elle avait présentement le choix entre trois hôpitaux ici à Montréal. Elle finit par choisir celui qui lui donnerait la meilleure possibilité de carrière. Elle voulait faire une spécialisation dans un service hospitalier bien précis. Je ne savais pas lequel, tout ce que j’avais fini par comprendre, c’était qu’elle voulait travailler au niveau de la maternité.

En allant la voir dans son hôpital, je passais par l’accueil pour demander s’il était possible de l’avertir de ma venue. On me demanda d’aller l’attendre dans la salle d’attente de la maternité jusqu’à ce qu’elle vienne me chercher elle-même. Je m’asseyais parmi des personnes qui étaient soit stressées, mais en attente d’une bonne nouvelle, soit inquiètes, ne désirant entendre qu’une bonne nouvelle. Je pensais au fond de moi que c’était la vie ordinaire d’une salle d’attente d’une maternité. Cela ne faisait que quelques minutes que j’attendais quand deux personnes âgées s’essayèrent près de moi. Elles venaient pour une naissance. C’était deux grands-mères qui s’étaient entendues pour aller faire connaissance ensemble de leur toute première petite-fille. Je trouvais cela très mignon. En face de moi, se trouvait un bonhomme qui se rongeait les sangs. Il se levait sans cesse pour faire 20 allers-retours et se rasseoir poings fermés.

Au bout d’un moment, les deux mamies furent appelées pour aller à la nursery. Elles m’invitèrent toutes les deux à les accompagner pour aller saluer la nouvelle venue au monde. Leur petite fille. Elles étaient toutes les deux très fières et très heureuses de voir ce petit bout de machin fripé gesticulant dans tous les sens et hurlant à gorge déployée. Elles se faisaient des compliments sur chaque partie du corps de la petite fille qui tendait génétiquement du côté de l’une ou de l’autre. Je m’amusais à les regarder quand j’aperçus mon ancienne camarade au fond du couloir. Elle portait dans ses deux mains comme un petit ballot de coton. Elle avait l’air grave et triste. Elle tenait un bébé mort-né et devait emmener son corps à la morgue. Quand elle posa son regard sur le mien. Je compris qu’il ne fallait rien dire. Je la laissais passer en saluant le moment présent du destin furtif d’une petite vie. Je retournais dans la salle d’attente et restais silencieusement à l’attendre. Le destin est une chose bizarre.

À propos de l’auteur :

author

Femme débordée, ce blog est né d’abord pour mes amies qui me poussent sans cesse à écrire, affirmant que j’ai du talent à défaut de temps. Une manière de me suivre ailleurs que sur les réseaux sociaux, je suppose. Alors je me lance ! Advienne que pourra …