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Une absence inquiétante

Une absence inquiétante - Faye Anderson

Chez Martine, j’avais bu un délicieux café. Je lui ai demandé si elle pouvait m’en prendre, la prochaine fois qu’elle en achèterait. Elle ne le trouve que sur Internet. Quand je suis partie, j’avais encore ce subtil goût de café torréfié à la perfection, qui me restait sur la langue. Je me suis arrêtée dans une épicerie, car je voulais avoir des gâteaux pour mon dessert. J’aime une variété faite de pâte sablée enroulée autour d’un cœur en chocolat. Réchauffés, accompagnés d’un thé à la vanille, ils sont incomparables. J’ai déjà tenté de les refaire mais je n’y suis jamais parvenue. J’ai déposé une salade et des carottes à ma voisine Angela. Elle avait sa cheville de foulée et elle ne pouvait pas se déplacer pendant quelques jours. Nous avions convenu que je passerais lui donner quelques courses, principalement de la nourriture.

J’ai frappé à sa porte et j’ai attendu. Je me doutais qu’elle serait longue à venir, mais plus de cinq minutes après que j’ai signalé ma présence, personne ne venait m’ouvrir. Laisser les courses devant la porte, ne me semblait pas une bonne idée, non pas que j’eusse peur d’un vol, mais plutôt parce que je savais que ce paquet serait lourd à porter pour la pauvre femme, très diminuée après cet accident. Elle avait glissé dans la rue, et elle s’était râpé le visage sur le bitume qui recouvrait le trottoir. Son état physique était mauvais et elle m’avait avoué qu’elle souhaitait que personne ne la voie ainsi. Cette attente était si longue que j’ai commencé à m’inquiéter. Mon imagination débridée me laissait entrevoir la jeune femme à terre, inconsciente. J’ai appelé ma voisine sur son téléphone. De même, je n’eus aucune réponse.

J’ai fait le tour de la maison et j’ai manifesté ma présence en frappant sur les vitres des fenêtres. Je ne voyais aucun mouvement à l'intérieur, ce qui a fortifié mes angoisses. J’ai compris qu’elle était absente quand j’ai entendu son automobile rouler sur les graviers de son allée. Son frère l’avait accompagnée pour une rencontre dans une entreprise de décontamination moisissures Blainville. Il l’aida à sortir du véhicule, et il la mena jusqu’au divan du salon. Je l’ai aidé à porter la malade et j’ai expliqué la raison de ma présence. Je fus donc soulagée de voir Angela, et je lui ai fait promettre qu’elle me prévienne, si, encore une fois, elle devait s’absenter au moment où je lui déposais son sac de courses.

À propos de l’auteur :

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Femme débordée, ce blog est né d’abord pour mes amies qui me poussent sans cesse à écrire, affirmant que j’ai du talent à défaut de temps. Une manière de me suivre ailleurs que sur les réseaux sociaux, je suppose. Alors je me lance ! Advienne que pourra …