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Une nuit, presque blanche

Une nuit, presque blanche - Faye Anderson

La pluie coulait le long de la vitre de mon appartement. Il était presque minuit. C’était un samedi, je n’arrivais pas à m’endormir. J’avais regardé des émissions à la télévision toute la soirée, mais je m’en étais lassée. J’ouvris le livre que j’avais commencé une semaine avant. J’arrivais à un point crucial du roman. Ce que je découvris m’ôta toute envie de le continuer. Ensuite, je me mis à trier mes papiers. Je devais me pencher sur ma gestion de patrimoine un peu mieux. Quand tout fut en ordre, je tournais en rond dans mon appartement, ne sachant plus quoi faire pour m’occuper.  C’est ainsi que je finis par me mettre à la fenêtre, une infusion de tilleul et de fleurs d’oranger à la main. Le spectacle de la nuit pluvieuse m’hypnotisait. Je regardais dehors l’asphalte mouillé éclairée par les réverbères et les phares des voitures. Justement, un véhicule s’arrêtait de l’autre côté de la rue. En descendit une jeune femme, les cheveux attachés sur le haut de la tête en un gros chignon ; en criant, elle martela le trottoir d’une démarche rageuse qui résonna dans la rue déserte.

Un homme descendit et essaya de retenir la femme. Ce n’était pas très poli de ma part de continuer à regarder, mais j’étais curieuse de savoir ce qui allait se passer. Je pourrais toujours intervenir ou appeler la police si cela devenait dangereux pour la jeune femme. L’homme la retenait par le poignet. Il lui parlait doucement, sans s’agiter. Elle parut se calmer. Puis, elle fondit en larmes sur son épaule et ils rentrèrent ensemble. Une fenêtre s’éclaira au troisième étage, brièvement. La scène à laquelle je venais d’assister me portait à penser à toutes sortes de conjectures. Deux heures du matin clignotaient sur mon horloge quand je me préparais une seconde infusion. Mon imagination était en effervescence.

Le lendemain, je ne tenais plus en place. Ma nuit avait été courte, car je m’étais endormie tard et réveillée tôt. Je sortais pour aller au marché. Sur la route que je faisais à pieds, je rencontrais Élisabeth. Je ne pouvais pas m’empêcher de lui parler de ce que j’avais vu dans la nuit. Elle avait habité mon quartier et elle connaissait le couple que j’avais observé. Régulièrement, une dispute éclatait. La femme était une personnalité connue qui aimait régulièrement claquer les portes et hurler, lui restait calme et courtois en toutes circonstances. Cela arriva encore de temps en temps que je les surprenne, je me demande encore ce qui les unit de si fort qu’ils restent ensemble malgré tout.

À propos de l’auteur :

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Femme débordée, ce blog est né d’abord pour mes amies qui me poussent sans cesse à écrire, affirmant que j’ai du talent à défaut de temps. Une manière de me suivre ailleurs que sur les réseaux sociaux, je suppose. Alors je me lance ! Advienne que pourra …